OBSERVANCE ET PERSISTANCE : UN IMPACT, UNE REALITE, DES ENJEUX

22/03/2021

De l’observance à la persistance du traitement, en passant par l’adhésion, le rapport d’une personne, d’un patient, à son ou ses traitements médicamenteux ou non, est fait d’adaptation, de changement, voulus ou non et plus ou moins longs… Retour sur ces différents concepts pour essayer de les différencier ou, tout du moins, mieux les appréhender et les distinguer. Autrement dit, de quoi parle-t-on ?

La persistance du traitement, le concept le plus simple à décrire

La persistance du traitement correspond à la durée de prise d’un traitement en continu. Ainsi, si, par exemple, une séance d’activité physique adaptée d’une durée d’une heure est prescrite hebdomadairement à une personne souffrant de fibrillation atriale durant 4 mois et que, chaque semaine durant l’ensemble de ces mois, cette personne réalise cette activité physique, la persistance du traitement sera alors de 100 %.

Mais que se passe-t-il si, durant les 4 mois, cette personne ne réalise qu’une séance sur 2 ou adapte le nombre de séances hebdomadaires en fonction de son activité professionnelle ou de son état de fatigue ?

Concrètement, la persistance de son traitement est toujours de 100 % puisqu’elle l’a suivi sur l’ensemble de la durée prescrite. En revanche, un autre phénomène est entré en jeu : l’observance du traitement.

L’observance du traitement, souvent une adaptation du traitement au mode de vie

L’observance se définit comme étant la manière dont une personne se conforme aux prescriptions médicales ou aux règles d’un programme thérapeutique. Il s’agit donc du fait de respecter plus ou moins scrupuleusement l’ordonnance et les recommandations médicales.

Reprenons l’exemple de la personne à qui a été prescrit des séances hebdomadaires d’activité physique adaptée d’une durée d’une heure durant 4 mois. Elle peut suivre cette prescription sur l’ensemble de la durée mais elle peut très bien ne pas réaliser sa séance hebdomadaire en raison d’un déplacement professionnel, d’une visite chez des amis, ou de son état de santé. Elle peut également décider de faire des séances d’une durée de 2 heures seulement une semaine sur deux car son emploi du temps ne lui permet pas de faire autrement. Dans les deux cas, son observance au traitement n’est pas de 100 % alors que la persistance l’est.

Phénomène multifactoriel, l’observance repose donc en partie sur l’adaptation du traitement à la vie de chaque patient mais également sur un autre aspect : l’adhésion au traitement.

L’adhésion au traitement, point de départ de l’observance et de la persistance

Comprendre la nécessité de se traiter et accepter les soins proposés sont les pierres angulaires de l’adhésion au traitement. L’adhésion peut alors se définir comme étant la volonté d’une personne à prendre en charge sa maladie. En ce sens, celle-ci représente les fondations de l’observance et de la persistance.

Pour l’Organisation Mondiale de la Santé, l’adhésion repose sur 5 grands types de facteurs (socio-économiques, liés à la à la pathologie, au traitement, au patient, au système de soin, …). Parmi ceux-ci figure un élément important : la qualité de la relation patient-soignant. L’adhérence est donc la synthèse entre ce que le patient fait de manière acceptée et ce que le soignant dit de faire en essayant de convaincre.

À la croisée de l’observance et de la persistance du traitement, l’adhésion est donc à la fois un préalable et un objectif.

Sources :

Cottin Y, Lorgis L, Gudjoncik A, Buffet P, Brulliard C, Hachet O, et al. Observance aux traitements : concepts et déterminants. Arch Cardiovasc Dis Suppl. 1 déc 2012;4(4):291-8

Dias Barbosa C. Adhésion thérapeutique : attention aux clichés simplificateurs !. CRIP Cercle de réflexion de l’industrie pharmaceutique. Juin 2014.

Sabaté E, et al. Adherence to long-term therapies. Evidence for action. World Health Organization. 2003

Date de dernière mise à jour : 22/03/2021

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